Ces "petits arrangements" avec et sur l'espace public, interventions légères à "déplier" à l'occasion dans le paysage urbain, offrent de possibles "ralentissements". S'asseoir au centre de la ville sur une chaise blanche : une manière à nous de compter le temps, une mise en suspens, un flottement permissif invitant à un autre mode de relation humaine.

Ce sont des "espaces blancs, des espaces temps impressionnables" où les personnes rencontrées, les gestes essentiels et les paroles rudimentaires échangés deviennent "figures de l'oeuvre".

Les images se révèlent sur des lieux de monstration choisis et aménagés par nous. Elles sont restituées sous forme de propositions plastiques multimédia de format variable. Un espace discursif se met en place autour d'elles, les disposant "à vivre" dans une évolution permanente, dans le rythme d'un recyclage nécessaire, contraintes à d'incessants déplacements de nos humeurs et de nos intérêts, jusqu'à l'échappement, la dilution et la diffusion.

Le caractère aléatoire des rencontres, la maîtrise précaire des lieux et du temps nécessaires ne nous permettent pas d'envisager l'oeuvre comme la production d'une forme achevée et totalement définie mais davantage comme un processus de création sans cesse renouvelé, perturbé et enrichi par cette confrontation même...